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La méditation en action
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Les caractéristiques du lieu de méditation

La première condition consiste à trouver un endroit calme, agréable, propice à la méditation et n'incitant pas à la distraction. Mais attention ! N'oublions jamais que si le calme devenait une nécessité, la tranquillité extérieure pourrait s'avérer être un obstacle ; en effet le moindre bruit extérieur perturberait notre méditation. L'endroit propice à la méditation n'est pas forcément un lieu retiré où rien ne doit interférer, mais plutôt un endroit où nous pouvons maintenir notre esprit dans le calme et la concentration quelles que soient les circonstances extérieures. Avant même de rechercher un tel lieu, il importe de bien savoir à quoi l'on se destine, vers quel but on se dirige, et ce qui est nécessaire pour le développement de l'état de non-distraction. A partir de cette réflexion, on peut réellement déterminer les caractéristiques du lieu et les utiliser correctement.

La diminution des désirs

La deuxième condition consiste en la diminution des désirs. Ainsi, nous devons devenir conscients du fait que la plupart du temps nous sommes en train de désirer quelque chose. Nous souhaitons toujours davantage, ce qui a pour effet d'entraîner l'esprit dans un état d'effervescence et de perpétuelle insatisfaction. Diminuer les désirs n'implique pas de pratiquer le renoncement, mais d'être vigilant face à leur développement ; les plus petits désirs passent parfois inaperçus. Devenant conscient des désirs, on s'en libère progressivement, ce qui procure un certain bien être. La réduction des plaisirs rie signifie pas s'imposer une pauvreté volontaire, mais prendre conscience des causes responsables de notre malheur. Très souvent, nous souffrons de maux : c'est le mal du siècle. Cependant nous n'en connaissons pas vraiment l'origine. En observant la cause de cette souffrance, nous nous rendons compte que nous sommes toujours en quête d'autre chose, insatisfaits de ce que nous possédons déjà. Cette insatisfaction est la cause réelle de tous nos maux. Sans essayer de tout rejeter en vivant dans la pauvreté absolue, on considère ce que l'on possède déjà et on tente de s'en satisfaire.

La pratique du contentement

La troisième condition s'appelle la pratique du contentement. Elle est très liée à la diminution des désirs et a pour objet la situation dans laquelle on se trouve. Par exemple, il se peut qu'on soit insatisfait de ses possessions, de sa situation géographique, morale, physique, etc. ce qui provoque souffrance et instabilité. La pratique du contentement se déploie au travers de la capacité de voir aussi clairement que possible les circonstances intérieures et extérieures dans lesquelles on est plongé, et de les accepter tel quel, sans les rejeter. L'acceptation des situations ramène l'esprit à un calme qu'il a tendance à perdre trop souvent.

Eviter toute perte de temps

La quatrième condition consiste à ne pas gaspiller son temps en s'adonnant à des activités dénuées de sens. Nous souffrons tous d'un perpétuel manque de temps parce que nous passons la majeure partie de celui-ci dans des activités dont certaines ne sont pas essentielles. Cette sensation de manquer de temps engendre une insatisfaction de l'esprit pouvant perturber la méditation. L'idéal serait d'accomplir chaque chose en possédant devant soi le temps nécessaire. Quand on médite, on devrait éviter de penser à ce que l'on fera après ; il faut simplement être là. De même, lorsqu'on accomplit une action, on devrait être centré sur elle, et non sur l'action précédente ou la suivante. En fait on a tout le temps pendant l'action. Mais si l'on s'engage dans des activités consommatrices de temps et d'énergie et n'apportant rien de réel, en prenant conscience de cela on se sent mal à l'aise.
Pour parvenir à un résultat positif, on doit supprimer les actions superflues consommatrices d'énergie, et prendre conscience de cette perpétuelle anxiété de "n'avoir pas le temps".

La conduite éthique

La cinquième condition consiste à avoir une conduite éthique. En général la conduite éthique se traduit par la prise des vœux : c'est la conduite monastique. Ici, il ne s'agit pas de cela, mais d'avoir clairement présents à l'esprit la nécessité et le bien-fondé d'un certain nombre d'actions, les actes positifs, et de savoir pourquoi ils sont positifs. Il faut aussi prendre conscience du caractère nuisible d'un certain nombre d'autres actions et savoir pourquoi elles sont nuisibles.