L a m a . J i g m é . R i n p o c h é


> P a r o l e s

La méditation
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Notre situation réelle

L’existence humaine est précieuse parce qu’elle nous offre la possibilité d’écouter les enseignements et de les mettre en pratique, d’utiliser nos facultés dans un but utile. D’après l’enseignement des grands maîtres, à la mort, notre esprit, contrairement à notre corps, ne périt pas. L’esprit a une continuité. Le connaître est donc de la plus grande importance.

De façon spontanée et habituelle, ce que nous considérons comme important, c’est avant tout nous-mêmes ; en conséquence nous faisons d’innombrables efforts pour tenter d’éviter les souffrances présentes et futures. Et si nous accordons autant d’importance aujourd’hui à notre personne, il n’y a pas de raison que cela cesse demain ou dans un avenir plus lointain. Tel est le fonctionnement de l’ego. Or, c’est justement ce fonctionnement qui nous entrave et se perpétue. C’est ce qu’on appelle la condition samsarique.

Lorsqu’on pense au samsara ou cycle des existences, on a tendance à imaginer des souffrances terribles, des conditions très difficiles. Mais le samsara est vicieux ; souffrances et bonheurs s’y combinent. Prenons-en conscience ! Pour nous libérer, il faut commencer par diminuer notre dépendance envers les choses, en leur accordant une importance relative. Car si les choses, les situations et les circonstances ont une certaine importance, elles n’ont pas celle que nous leur donnons. L’esprit doit s’exercer à considérer les situations avec justesse. Pour cela, il lui faut développer une certaine clarté.

Gampopa, Milarépa, tous les grands maîtres considèrent l’existence humaine de la même façon. Elle est précieuse et nous devons l’utiliser de façon juste. Qu’est-ce que cela signifie ? C’est considérer que, puisque nous avons tous la nature de bouddha, l’éveil est possible. Et c’est accomplir deux bienfaits, le nôtre et celui d’autrui. Accomplir notre propre bienfait parce qu’il n’y a aucune raison de souffrir, de chercher les difficultés, et accomplir aussi celui des autres. Quel que soit le nombre de personnes que nous ayons la capacité d’aider, nous devons le faire.